Doctrine

Durant toute son existence, Confucius n’aura de cesse que de se préoccuper majoritairement de la morale. Il restera persuadé, que quelque soit sa forme elle trouve son expression, en permettant de solutionner bons nombres de problèmes et de conflits, tout en ayant pris soin d’y inculquer une ligne morale sans détour. Dans cette époque troublée, ou sans cesse les armées s’affrontent, Confucius est rapidement convaincu que la morale est le meilleur équilibre afin de trouver une paix durable pour tous, soit la mère nourricière de chaque être. Elle seule, peut sortir le pays du sombre brouillard qui plane au-dessus. Pour cela, il prônera le respect des valeurs anciennes, en étant fidèle aux règles morales forgeant la stabilité. C’est une évidence, pour lui, le savoir et la sagesse des anciens ont fait leurs preuves depuis déjà très longtemps, il suffit de puiser intelligemment et profondément dedans. Le passage le plus marquant pour parler de la morale, reste de loin, celui appelé « la grande instruction » (cité plus bas), qui est une véritable merveille pour les sens. Tout est là, dans ces simples mots, telle est la colonne vertébrale d’une organisation sociale idéale.

LES ETATS; le passage de la grande instruction par Confucius.

« Les anciens, pour développer dans l’empire les plus hautes vertus, commencèrent par mettre en ordre leurs propres Etats. Pour mettre en ordre leur Etats, ils commencèrent par réglementer la famille. Pour réglementer leurs familles, ils commencèrent par cultiver leur propre personnalité. Pour cultiver leur propre personnalité, ils commencèrent par réformer leur cœur. Pour reformer leur cœur, ils s’efforcèrent tout d’abord d’être sincères dans leur propre pensée, ils commencèrent par développer le plus possible leur savoir. Cette extension du savoir réside dans la recherche des choses.

Les choses une fois découvertes, la connaissance devint complète. La science une fois acquise, leurs pensées furent sincères. Leurs pensées étant sincères, les cœurs furent droits. Leurs cœurs étant droits, leurs moi furent cultivés. Leurs moi étant cultivés, leurs familles s’en trouvèrent bien ordonnées. Leurs familles étant bien ordonnées, chaque Etat fut bien gouverné. Chaque Etat étant bien gouverné, l’ensemble de l’empire fut tranquille et heureux. »

Il rajoutera ensuite ce véritable guide de vie disant…

« La guerre règne dans le monde, parce que les Etats qui constituent ce dernier sont mal gouvernés et ils sont mal gouvernés parce qu’il n’est pas de lois, si nombreuses soient-elles, qui puissent remplacer l’ordre social naturel, basé sur la famille ; la famille est dans le désordre et elle manque à sa tâche qui est d’assurer cet ordre social naturel parce que les hommes ont oublié qu’ils ne peuvent pas mettre leurs familles en ordre s’ils ne sont pas régentés eux-mêmes ; ils ne se régentent pas d’eux-même parce que leurs cœurs ne sont pas disciplinés ; c’est-à-dire qu’ils n’ont pas nettoyé leurs âmes des désirs désordonnés ; leurs cœurs ne sont pas disciplinés parce que leur pensée n’est pas droite ; qu’ils ne se rendent pas suffisamment à la réalité et qu’ils cherchent plutôt à cacher qu’à révéler leur vraie nature ; si leur pensée n’est pas droite, c’est parce qu’ils permettent à leurs désirs de déformer les faits et de dicter leurs conclusions et cela au lieu de chercher à étendre leur savoir le plus possible par la recherche impartiale de la nature réelle des choses.                                                                                                                                     Que les homme se mettent à acquérir des connaissances désintéressés, et leur pensée se rectifiera ; que leurs pensées soient droites et leurs cœurs seront nettoyés, leurs moi trouveront leur règle naturelle ; leurs moi bien réglés, leurs familles seront automatiquement rétablies dans l’ordre – et cela, non par des discours moralisateurs ou par des châtiments violents, mais par le pouvoir silencieux de l’exemple ; une fois la famille remise ainsi dans l’ordre, par le savoir, par la sincérité et par l’exemple, l’ordre social s’en trouvera tellement renforcé, et cela spontanément que la réussite des gouvernants deviendra possible ; que l’Etat assure le maintien de la justice et de la tranquillité à l’intérieur, et le monde tout entier vivra dans la paix et le bonheur. »